Samedi 21 octobre 2006

Il peut apparaitre redondant au premier abord de parler de chômage précaire. Cette période de non-emploi correspond nécessairement à une période de fragilité sociale. Elle ne touche cependant pas tous les individus de la même manière.
Une étude réalisée en 2002 au Japon (Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, http://www.stat.go.jp/data/kibou/index.htm consulté le 23/10/2006)permet de rappeler la précarité qui s'attache au chômage et les facteurs qui peuvent aggraver cette situation.

Le chômage précaire

En Octobre 2002, le nombre de chômeurs au Japon était de 3.31 millions. Plus de la moitié de cette population était sans ressource, c'est à dire qu'elle ne recevait ni salaire, ni assurance chômage, ni aide familiale et ne possédait pas d'autres sources de revenus (utilisation de l'épargne).

chômeurs                    A        B        C        D        E            F
en centaine de mille     200    280    700    100    1720    310
en pourcentage            6%    8.5%    21%    3%    52%    9.5%

Soit, A- salaire, B- retraite, pension, C- assurance chômage, D- Aide de la famille, E- sans ressource, F- autre( entreprise,ressource du capital)
Source: Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, pourcentage de l'auteur

Les facteurs de précarité

Parmi les chômeurs, les jeunes (classe dâge des 15-24 ans) ont le risque le plus fort de précarité. Près des trois-quart de cette population sont sans ressource. La baisse du niveau de précarité pour les autres classes d'âge est la conséquence de l'accès à une assurance chômage lié à l'exercice d'un emploi lors de la période précédente. Le niveau de précarité demeure cependant fort jusqu'à 44 ans.

Classe                                 Pourcentage des personnes
d'âge                                    sans ressources
15-24                                   73%
25-34                                   57%
35-44                                   58%
45-54                                   36%
plus de 55                             24 %
Source: Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, pourcentage de l'auteur.

La possibilité d'obtenir une assurance chômage apparait donc comme un facteur déterminant pour limiter la précarité de la période de chômage.

Le type de contrat de travail, suivant qu'il assure ou non l'accès à une assurance chômage, est également déterminant pour limiter la précarité de la période de chômage. Plus de 52 pour cent des personnes qui avaient un emploi stable reçoivent encore des ressources de leur assurance chômage après trois ans de chômage. En revanche, 90 pour cent des personnes qui avaient un emploi précaire ne reçoivent plus de ressources de leur assurance chômage (mais en avaient-ils une ?).


                          Assurance chômage
                         après trois ans de chômage
                          Oui               Non
Emploi             770 000      720 000
Stable              52%             48%

Emploi            60 000         560 000
Précaire          10%             90%

Source : Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002. Pourcentage de l'auteur.

Et aujourd'hui ?

L'année 2002 a correspondu a un pic d'augmentation du chômage qui s'est établi à 5.4 pour cent de la population active. Depuis, l'économie japonaise est repartie dans un cycle durable de croissance et en 2005, le taux de chômage était d'un point inférieur, à 4.4 pour cent.  Cette baisse vertueuse s'est confirmée jusqu'à aujourd'hui et le taux de chômage d'août 2007, dernier chiffre officiel accessible, s'établit à 4.1 pour cent. La baisse du taux de chômage est sans conteste la meilleur manière de lutter contre la précarité qu'il représente.
Il apparait néanmoins, que les formes d'emploi sur lesquels reposent cette nouvelle réussite n'est pas sans faire disparaitre le risque de chômage ou de chômage précaire. En effet, le recours désormais massif aux contrats de travail atypiques (temps partiels, durée déterminée) rend désormais plus présent le risque de se retrouver au chômage, pendant des périodes plus ou moins courtes. Enfin, le chômage précaire qui représentait déjà un pourcentage significatif de la population au chômage en 2002, risque également d'augmenter - sinon d'avoir augmenté - notamment du fait de l'absence - ou de la faiblesse de de la couverture - de l'assurance chômage pour les contrats atypiques.

Par David Malinas - Publié dans : Recherche post-doc
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Vendredi 20 octobre 2006

La modification de la loi concernant la stabilisation de l'emploi pour les personnes âgées (kôreisha koyô anteihô) adoptée en juin 2004 rend obligatoire l'élévation de l'âge légal de la retraite (teinen) de 60 à 65 ans.

Les modifications

Une modification de la même loi en 1998 avait déjà décidé de  l'augmentation de l'âge de la retraite. Sa mise en oeuvre n'était cependant pas obligatoire et reposait sur la coopération des entreprises. Une étude du Ministère du Travail et de la Santé (kôseiroudoushô) a permis de mettre en évidence qu'en 2003, près des trois-quart des entreprises avaient pris les dispositions nécessaires ce qui rend le nouveau caratère obligatoire moins contraignant.
La nouvelle loi abroge donc le système de retraite à 60 ans. Elle pose des paliers d'augmentation de l'âge de la retraite. Depuis avril 2006, l'âge légal de la retraite est porté à 62 ans. Entre 2007 et 2009, il sera porté à 63 ans, puis, entre 2010 et 2012 à 64 ans. A partir de 2013, l'âge de la retraite sera donc de 65 ans.
Enfin, un système pour assurer la continuité de l'emploi des personnes de plus de 60 ans (keizoku koyô seido )est mis en oeuvre, notamment avec une prime versée par l'Etat. Des accords doivent être trouvés, dans les trois ans pour les entreprises de plus de 300 personnes et dans les cinq ans pour les petites et moyennes entreprises.

Les causes

Il existe deux raisons qui président au relèvement de l'âge de la retraite.
D'une part, il faut répondre à un problème de pénurie de main d'oeuvre, conséquence du vieillissement accéléré de la population japonaise. Dans les conditions actuelles, il apparait que la population active du Japon, aura baissé de près de 8 million et demi en 2015 (base 2002).
Il existe cependant d'autres moyens de répondre à une pénurie de main-d'oeuvre notamment par une modification de la politique d'immigration. De plus, la pénurie de main d'oeuvre s'exprime par secteur et l'employabilité des personnes âgées dans certains d'entre eux est faible (les services notamment ou le bâtiment). Enfin, le coût de la main d'oeuvre des plus de 60 ans est relativement faible, ce qui les met en concurrence directe avec les populations qui entrent sur le marché du travail.

D'autre part, et surtout, la loi de 2004 concernant la réforme des retraites (nen kin kai kaku hô) repousse l'âge d'ouverture des droits de 60 à 65 ans, notamment pour répondre au déficit prévu de la caisse des retraites. Le relèvement de l'âge de la retraite dans les entreprises apparait comme un moyen de substituer pendant cette période des revenus du travail à la baisse des revenus sociaux.
Par David Malinas - Publié dans : RPD personnes âgées
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Mercredi 18 octobre 2006
Le 17 Octobre était la Journée Mondiale de Refus de la Misère.

Au delà du Japon et pour une approche comparative, Martin Hirsch, président d'Emmaüs France et de l'agence nouvelle des solidarités actives, était invité le 16 Octobre sur France Culture, dans les matins. Beaucoup de question sur le terme "exclusion", le re-développement de la pauvreté chez les plus de 60 ans.
Par David Malinas - Publié dans : Recherche post-doc
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Mercredi 18 octobre 2006
Le Prix Nobel de la Paix 2006 est attribué à Muhammad Yunus et la Grameen Bank, "pour leurs efforts afin de créer un développement économique et sociale par le bas". Muhammad Yunus a développé le micro-crédit a travers son organisation, la Grameen Bank, fondée en 1976.

Le micro-crédit est ouvert à tous, c'est-à-dire qu'il permet aux personnes les plus pauvres d'emprunter de petites sommes (10-50 euros) afin de se doter de moyens autonomes de production. Bien que le taux d'intérêt soit élevé (jusqu'à 20 pourcent), plus de 6 millions de personnes ont pu ainsi accéder à ces prêts au Bangladesh et 95 pourcent des créditeurs sont des femmes. Le taux de remboursement de 99 pourcent demeure beaucoup plus élevé que les crédits conventionnels. L'explication réside dans un système d'emprunt à la formule originale : les personnes qui désirent un emprunt forment un groupe de cinq personnes minimum. Tous auront accès a un emprunt une fois le remboursement des deux premiers emprunteurs initialisé. Il n'y a pas de responsabilité collective mais un sentiment de responsabilité qui, semble-t-il, fonctionne aussi bien.
Le micro-crédit favorise la richesse individuelle et assure une amélioration des conditions de vie - biens de première nécessité mais aussi hygiène et éducation. Sur ce dernier point, les femmes et mères, pour qui l'activité économique ne représente plus une coupure du foyer (puisque le lieu de production devient le plus souvent la maison), peuvent assurer avec une meilleur efficacité leur rôle éducatif central.

Le micro-crédit apparait comme un instrument de lutte contre la pauvreté et de développement particulièrement flexible. Il est aujourd'hui utilisé dans plus d'une centaine de pays que se soit des pays pauvres comme Haiti ou des pays riches comme les Etats-Unis. De même, son histoire européenne - les coopératives de production ou la banque Raiffeisen - souligne également sa valeur tant dans un milieu rural que dans un un milieu urbain. Il est en quelque sorte "neutre" de son environnement, universel, et en ce sens profondément humaniste.
Par David Malinas - Publié dans : Recherche post-doc
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Mardi 17 octobre 2006
La loi de 2004 sur la réforme des retraites (nen kin kai kaku hô) a pour objectif d'assurer l'équilibre du financement de ce poste de dépense.

Raisons

Cette réforme a été rendue nécessaire par le double processus de vieillissement de la population et de baisse de natalité au Japon. En 2005, quatre actifs financent la retraite d'une personne. Les estimations pour 2015 sont de deux actifs pour un retraité. Le problème du financement des retaites est particulièrement pressant avec, à partir de 2007, l'arrivée des enfants du premier baby-boom (1947-1951), ce qui est également appelé le 2007mondai (le problème 2007).

Moyens

Il s'agit, progressivement, d'augmenter les contributions tout en reculant l'âge auquel le versement est effectué. La dernière année de contribution est de 60 ans et la réforme va progressivement repousser le reversement de ces droits à 65 ans.
Pour comprendre ce processus, il faut rappeler qu'entre 60 et 65 ans la retraite des salariés, est composée de deux éléments principaux : le teigaku bubun (qui correspond à 70 000 yens par mois après 40 années de contribution), le hôshû hirei bubun (qui correspond à 110 000 yens par mois après 40 années de contribution). Il existe un troisième élément, le kakyû nenkin, versé avec la teigaku bubun lorsque la personne à la retraite a la charge d'une autre personne, sa conjointe ou un enfant de moins de 18 ans (correspond à 30 000 yens).

Le versement de la teigaku bubun sera progressivement repoussé comme suit.

        Année de naissance                                    Age du versement de la teigaku 
                                                                             bubun

femme                          homme
1946-1948                   1941-1943                        61
1948-1950                   1943-1945                        62
1950-1952                   1945-1947                        63
1952-1954                   1947-1949                        64
1954-1956                   1949-1951                        65*

Puis le versement de la hôshû hirei bubun sera progressivement repoussé comme suit

          Année de naissance                                   Age du versement de la hôshû
                                                                              hirei bubun
                  

femme                            homme          
1958-1960                     1953-1955                       61
1960-1962                     1955-1957                       62
1962-1964                     1957-1959                       63
1964-1966                     1959-1961                       64
1966-                              1961-1963                      65*

*signifie qu'il n'y a pas de versement.
source : http://www.shakaihoken.org/sumikin/nenkin/rourei/60sikyu.html# (le 17 Octobre 2006)

Conséquences
Il est probable que les finances seront sauvées d'une faillite programmée. Il est cependant peu probable que les personnes concernées par cette réforme puisse compenser la perte de leurs revenus. L'augmentation du nombre de personnes âgées seules, la difficulté de retrouver un emploi - même sous payé - sur le marché du travail, et ce, malgrè les modifications législatives récentes, sont autant d'indices d'une aggravation à venir des conditions de vie au Japon pour cette classe d'âge devenue l'avenir du Japon.
Par David Malinas - Publié dans : Recherche post-doc
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