L'emploi précaire "traditionnel" et l'emploi précaire "nouveau" au Japon

Publié le par David-Antoine Malinas

---- retravaillé le 24 décembre -------

Au Japon, les catégories d'emploi précaire se sont complexifiées au tournant des années 2000.
Jusqu'alors, il y avait seulement deux catégories (officielles) d'emploi précaire :la première correspond aux emplois à mi-temps en France. Il s'agit des pâtotaimu, de l'anglais part-time, caractérisés donc par un temps de travail  inférieur à un emploi "normal". la seconde correpond aux Contrat à Durée Déterminée (CDD) en France. Il s'agit des aurbaito, ou baito, de l'allemand, arbeit, caractériés par une période travaillée déterminée.
Au début des années 2000, deux réformes sont introduites dans le droit du travail. La première légalise le recours à l'emploi intérimaire - hakenrôdô - (1999) et les entreprises d'intérim, la seconde légalise les emplois contractualisés - keiyaku shain - (2001), c'est-à-dire des emplois nécessitant souvent un fort savoir technique ou spécialisé mais sur la base d'un contrat à durée déterminée.
Le graphique 1 permet de mettre en évidence l'évolution de l'emploi précaires par catégorie et de souligner l'impact de cette nouvelle législation.

Graphique 1

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La hausse régulière des temps partiels et des CDD - les deux catégories "traditionnelles" de l'emploi précaire - connaît un pic en 2001, puis stagne ou s'inverse après cette date. Ainsi, en ce qui concerne les CDD (en rouge), le pic de 2001, soit près de 4 millions de travailleurs CDD, n'a toujours pas été dépassé. On est à la fin de 2008 à "seulement" 3,21 millions. Pour les temps partiels, le pic de 2001 - 7,7 millions - est dépassé en 2005 et stagne depuis 2007 légèrement au dessus des 8 millions. Ainsi, en nombre absolu, les emplois précaires "traditionnels" évoluent ainsi peu depuis les réformes du début des années 2000.
En revanche, les "nouveaux" emplois précaires - intérims et contractuels - connaissent une croissance rapide. Le travail intérimaire est introduit à partir de 1999. Ce n'est qu'à partir de 2003 que le nombre de travailleurs intérimaires augmente de manière brusque. En 2005, le chiffre d'un million d'imtérimaires est dépassé. Aujourd'hui, leur nombre est de près de 1,5 million. L'actualité récente révèle qu'il s'agit d'emplois particulièrement précaires, notamment lorsque les contrats ne sont pas renouvelés et que les personnes qui avaient un logement d'entreprise (dortoirs) se retrouvent directement à la rue.
La catégorie des contractuels est un plus difficile à analyser parce qu'il s'agit d'une catégorie un peu fourre-tout qui ne représente pas les mêmes personnes en fonction de la période considérée. On constate néanmoins, après la création de la catégorie des employés contractuels en 2001, le doublement du nombre de personnes qui sont recencés dans cette catégorie d'emploi l'année suivante, soit 3,5 millions de personnes. Fin 2008, le nombre de contractuels est de près de 4,5 millions.

Au Japon, en 2008, plus de 17 millions de personnes travaillent sous une forme de travail "atypique". Les emplois précaires "traditionnels" - mi-temps et CDD -, s'ils sont toujours majoritaires et concernent 11 millions de personnes, tendent cependant à stagner depuis le début des années 2000.  La hausse du nombre d'emploi précaire apparaît surtout le fait de l'introduction de nouvelles catégories qui représentent désormais près de  6 millions d'individus (les intérims 1,5 million, les contractuels 4,5 millions)
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Publié dans Précarité au Japon

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temps 24/12/2008 07:05

Les baito sont la liberté de ne plus avoir de sécurité.Comment construire, comment déffendre ses libertés fondamentales, quand ventre qui à faim n'a pas d'oreille ?Les baito sont souvent associés à la pratique de la violence dans les mangas, n'est-ce point ici la traduction d'une conscience collective refusant une situation imposée ?Cordialement