Rapport homme-femme dans le travail précaire

Publié le par David-Antoine Malinas

En prenant en compte la distinction homme-femme dans les emplois précaires, on peut noter à partir des années 2000, une évolution du rapport homme-femme, avec une augmentation du pourcentage d'hommes précaires par rapport aux femmes précaires (graphique1) - j'ai déjà présenté un graphique similiaire il y a quelques semaines dans un billet précédent.

Graphique 1



La tendance générale est toujours une sur-représentation des femmes et une sous-représentation des hommes (par rapport au rapport homme-femme dans la société générale). Au cours des années 90, ce rapport connaît peu d'évolution. En 1990, le rapport homme-femme est de 27-73. En 2000, il est de... 27-73. Cependant, à partir des années 2000, et alors que le nombre de précaires augmente de manière constante dans les deux catégories, il est à noter une croissance plus rapide du nombre d'hommes précaires. consécutivement le rapport homme-femme évolue et s'établie en 2008 à 32-67. La modification du rapport est donc de plus de 5 pour cent sur huit ans.
Comme cette évolution correspond à la mise en place des deux "nouvelles" catégories de contrats précaires au début des années 2000 (voir billet ici), il est intéresssant d'aller voir dans le détail pour établir une corrélation (ou non).
Et on  s'aperçoit effectivement que dans les catégories d'emploi précaire "traditionnelles", c'est-à-dire les CDD et les mi-temps, il n'y a pas une évolution significative du rapport homme femme sur la période 2000-2008 (graphique 2 et 3).

Graphique 2

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

Graphique 3

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La modification du rapport entre 2000 et 2008 est insignificative pour les CDD - 0,5 pour cent - et de 2 pour cent pour les emplois à mi-temps. En revanche, en ce qui concerne les "nouveaux" emplois précaires, l'évolution est bien plus significative (graphique 4 et 5).

Graphique 4

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1999 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La catégorie des intérimaires n'existe qu'à partir de 1999, mais on constate entre 2000 et 2008 un effondrement du rapport homme-femme qui passe de 20-80 à 40-60 soit une modification de 20 pour cent du rapport sur huit années.

Graphique 5

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

En ce qui concerne le rapport homme femme des employés contractuels, la réforme de 2001 fait rapidement sentir ses effets : on passe d'un rapport homme-femme de 40-60 à  un rapport qui se rapproche des 50-50. Sur hui  années, l'évolution du rapport est de sept pour cent.

C'est assez peu digeste cette analyse de l'évolution du rapport homme-femme, et il faut encore raffiner par une analyse des classes d'âges, mais ce que l'on peut plus ou moins présentir, c'est qu'il n'y a pas seulement une augmentation du nombre de travailleurs précaires, il y a une diffusion de la précarité dans différentes strates de la société.
Avec les CDD et les mi-temps on était surtout sur les femmes et les jeunes (plutôt étudiants), donc. des personnes qui étaient considérées comme travailleur(e)s temporaires ou marginaux. Les femmes parce qu'elles devront de toute manière quitter leur travail une fois qu'elles ont un enfant ou assumer leur rôle de mère en même temps qu'un travail, les étudiants parce qu'ils financent leurs études ou une partie de leur dépense avec un petit "job" temporaire. Avec l'intérim et les emplois contractuels ce sont jusqu'alors les populations plutôt épargnées par la précarité, les hommes en âge d'être sur le marché du travail comme professionels (et non plus comme étudiants)  qui sont désormais touchées par la précarisation du travail. 







Publié dans Précarité au Japon

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