Trouver du travail dans la crise : compétition (très) accrue

Publié le par David-Antoine Malinas


Les entreprises qui recrutent, même dans des emplois jusqu'alors peu prisés, n'ont plus que l'embarras du choix. Ainsi, USJ (Universal Studio Japan, l'équivalent de Disney Land pour Osaka) a  été submergé par près de 1800 demandes d'emploi, soit le double de l'année dernière (mais le nombre d'embauches est-il identique, on ne sait pas). Les plus étonnés, USJ, dont un des représentants reconnait qu'ils n'avaient jamais eu autant de demandeurs  pour des boulots aussi mal payés ("According to USJ, it was having a hard time hiring part-time employees due to several conditions, including the cheap pay", Japan Times, 8 février 2009). On ne peut pas leur reprocher leur franchise.
Ainsi, la compétition pour trouver un emploi à durée déterminée - on est dans le réel, pour les emplois en CDI, ce n'est plus la peine pendant un bon moment - est de plus en plus féroce alors que d'ici la fin de l'année fiscale - mars 2009 -, le ministère vient de rendre public le fait que près de 125 000 personnes ne verront pas leur contrat renouvelé. Il faut ajouter à ce phénomène, les licenciements de salariés à temps complet, dont on ne connaît pas encore, il me semble, le chiffre officiel. En outre, il faut également prendre en compte les salariés dont les entreprises ont décidé de mettre en place la réduction du temps de travail et pour compenser les pertes de salaires acceptent que leurs employés cherchent un second emploi (Fujitsu, Toshiba voir ici pour une liste des dégâts).
Beaucoup de monde donc et avec la crise, faute de choix, les emplois délaissés semblent désormais prisés.
Dans le cas d’USJ, près d'un tiers des demandeurs devront aller chercher ailleurs.


 

Publié dans La crise au Japon

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Lionel Dersot 09/02/2009 23:59

Ne faudrait-il pas s'étonner plutôt de ces étonnements? Quand la presse titre que les bénéfices de McDonald Japon sont en hausse (toujours ce nombrilisme national qui est lui un fait international, ce qui permet de découvrir plus tard que, oh! surprise! c'est la même chose chez les voisins!), s'étonner révèle une incompétence partagée à lire la forêt à force de ne regarder qu'un arbre à la fois. Oui, quand, les économies du quotidien s'imposent, McDo s'impose comme la solution moins chère et plus goûteuse qu'un onigiri, et qu'importe le syndrome métabolique et les conséquences pour la santé à venir. S'impose aussi le travail à tout prix pour amuser le consommateur qui visite les parcs d'attractions qui ne ferment pas encore, parce que professionnellement, c'est ça ou rien, et donc c'est mieux que rien. Lire l'article dans Le Monde du 7 février intitulé "Crise : le choc est à venir, par Harald Welzer", sur l'incapacité de penser l'avenir - et donc le présent sinon que comme un chapelet d'anecdotes.