La super league : le retour des actifs pourris des banques japonaises

Publié le par David-Antoine Malinas

On ne disait, au moins, que le Japon n'allait pas devoir refinancer son système banquaire et dépenser 800 milliards d'euros comme les Etats-Unis pour assurer les bonus d'une fin d'année 2008 difficile parce que,c'est vrai, le Japon a déjà passé plus de 10 ans à renflouer son système banquaire pour un montant de 1000 milliards de dollars (j'arrondie, je pense que je pourrais dire 2000 milliards, à partir d'une certaine hauteur de toute manière, il n'y a plus d'oxygène)...heureusement que les japonais épargnent.
On se disait donc que pour jouer à la roulette de la finance, il fallait quand même avoir des sous, et que les Japonais - connus pour ne pas trop s'aventurer sur les marchés très matheux de la haute finance - allaient plutôt être spectateurs cette fois-ci. Ou bien acteurs mais avec le rôle du héros, style bon conseil d'anciens combattants ou bien, pour prendre un exemple concret, le rachat par Nomura de la quasi-totalité des activité de Lehman  pour une bouchée de pain.
Or, suprise, l'exemple concret affiche une perte de 500 milliards de yens et demande 300 milliards de yens de deniers publics. Mais c'était, on l'avait compris, seulement un avant-goût. Une transition puisque jusqu'à maintenant, les mauvaises nouvelles au Japon, c'était surtout les entreprises qui avaient un rapport avec le réel - Toyota, 500 milliards de pertes ou Panasonic, 300 milliards -, des entreprises qui n'ont d'ailleurs pas eu besoin d'être refinancées pendant 10 ans si vous voyez de qui je veux parler.

Mais voilà maintenant la super league qui débarque :

"Bad loans at the nation's 121 banks ballooned by ¥889 billion to reach ¥12.294 trillion during the six-month period to Sept. 30, the Financial Services Agency said Tuesday." (Japan Times, 11 février)


Les pertes ont ainsi été multipliées par 13 en six mois pour s'établir à 132 milliards de dollars, et nous ne sommes pas encore tout à fait à la fin de l'année fiscale (il faut attendre mars). Les géants banquaires, au nombre de 9, cumulent 4 mille milliards de yens de perte et la centaine de banques régionales cumulent 8 mille milliards de yens de perte. Ca ne peut quand même pas être tout à cause des prêts aux consommateurs - acheter une montre avec du revolving à 15 pour cent.

 Et moi qui m'inquiétait avec Nomura qui recherchait 300 milliards. Une paille...maintenant on a le tatami.


Publié dans La crise au Japon

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