Recession en France (Insee note de conjoncture, mars 2009)

Publié le par David-Antoine Malinas

selon la note de conjoncture de l'INSEE (pour les six premiers mois de l'année de 2009) :
L'accès se situe ici :

http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=note.htm
 

Pour la France

On retient :

- Contraction du PIB pour la première moitié de l'année 2009 de -2.9, ce qui annéantit le record de 1993, -0.9.

- Pertes d'emploi : 387 000 postes détruits sur six mois. Seul la création d'emploi dans le secteur non marchand pourrait compenser cet effcondrement.

- 281 000 chômeurs de plus sur cette période et un taux de chômage à 8.8 pour cent. Pour la première fois, hausse du nombre de personne qui renonce à entrer sur le marché du travail.

- Les jeunes seraient particulièrement touchés : augmentation rapide de leur taux de chômage. au cours de l'année 2008, le taux de chômage des 15-24 ans a augmenté de près de 3 pour cent alors qu'il n'a augmenté que de 0.4 pour cent pour les adultes (et a été plus tardive, mais c'est lié aux types d'emploi il me semble).

L'Insee souligne :

"Il n'est pas certain, enfin, que la pertinence des outils d’analyse confectionnés à partir d’évolutions « moyennes » de la conjoncture soit préservée dans des circonstances exceptionnelles comme celles que nous vivons. L’incertitude inhérente aux exercices de prévision s’en trouve probablement accrue."



Pour le Japon

la note souligne (http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archives/mars2009_f3.pdf):

- contraction sans précédent des exportations : -13.8 pour cent au dernier trimestre 2008, -12 pour cent (prévision) pour le premier trimestre 2009, -3 pour cent pour le deuxième trimstre.

- effondrement de l'utilisaton des capacité de production : 78 pour cent en décembre 2008 (on était a 100 pour cent quelques mois auparavent) soit son plus bas niveau depuis 1968.

- contraction du commerce mondial + appréciation du yen + baisse des salaires + licenciement ou non renouvellement des contrats de travail = retour de la déflation


Eclairage : le secteur automobile

Je voulais m'arrêter là mais il y avait également un éclairage très intéressant sur les conséquences de la crise sur le secteur économique, avec des informations comparatives sur le Japon.

Tout d'abord, la baisse des exportations japonaises, qui commence bien avant la crise (graphique 1):

graphique 1 - Evolution des exportations japonaises d'automobiles


Ensuite l'impact sur l'évolution du PIB :

Tout d'abord, en ce qui concerne la contribution directe du secteur automobile (on ne prend en compte que la production finale, la voiture, et pas les productions intérmédiaires nécessaires pour produire la voiture et qui est déléguée à d'autres entreprises).

graphique 2- contribution directe négative à la croissance du PIB


On constate que le Japon est l'un des pays, avec l'allemagne, dans lequel l'industrie automobile à un fort impact négatif sur le PIB, respectivement -0.3 et -0.5. Dans les deux pays, le secteur automobile a un poids important dans l'économie, respectivement 2 et 3 pour cent du PIB.

Ensuite en ce qui concerne la contribution totale (on prend en compte les intermédiaires).


Le Japon est l'un des pays les plus touchés par l'effondrement du marché automobile avec une contribution totale à la croissance du PIB de -1.5 pour l'année 2008. Le "multipplicateur de valeur ajoutée" - qui prend en compte l'ensemble des consommations intermédiaires (boîte de vitesse, airbag, pneus etc...) pour produire une automobile - est le plus fort de tous les pays développés soit 4.1, ce qui signifie que la crise économique se répercute sur l'ensemble des fournisseurs intérmédiaires qui contrairement à d'autres pays sont pour la majorité situés sur le territoire national (et souvent intégrés dans les mêmes régions).

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