Un article du Monde relevé qu'un grand journal japonais avait publié des poêmes d'un sans-abri. La qualité de ses
écrits ont été célébrés, mais l'auteur se dérobe et n'est pas en état, pour l'instant, de se joindre à la fête. C'est une tendance lourde, l'intérêt pour les écrits prolétaires et sous
prolétaires avec notamment la ré-édition de "Kaniko sen", dont les ventes ont dépassé le million.
J'ai pensé à un autre recueil de poêmes qui a été publié par Pedro Meca des "les compagnons de la Nuit". Pour la route
en voilà un extrait :
"Le temps
Le temps c'est la vie,
alors j'ai décidé de lui écrire. Voilà.
Je t'écris, je t'écris ma vie
parce qu'un téléphone ça m'ennuie,
conventions méphistophéliques
pour des malentendus comiques.
Je t'écris ma vie
pour te dire "je t'aime"
et puis pour avoir une réponse
que je pourrais garder, chercher sous mon oreiller
ou au fond d'une boîte à thé.
Sinon j'en ferai un découpage,
une ribambelle de personnages
une jolie cocotte, une fusée.
J'ai déjà toute une collective
de cocottes et de papillons,
faits avec des lettres d'amour
que j'épingle à mon abat-jour.
Je te dis, je dis ma vie,
ma plume trempée dans du whisky,
dans du cognac, dans du gin,
dans l'eau des fleurs que tu m'as offertes,
dans un lait démaquillant peut-être,
dans un peu d'Ajax ammoniaqué.
J'ai pas un grain, je suis cinglé,
mais sous ma plume j'ai du brouillard,
des mots qui s'égarent.
Je t'écris, je t'écris ma vie,
pleine de fautes d'orthographe, tant pis,
tant pis, tant pis, si tu m'oublies,
j'aurais peut-être une autre vie,
mais je voudrais un réponse de toi
une petite réponse rien que pour moi.
Je t'écris, je t'écris,
Je t'aime ma vie.
Erick"
Par David-Antoine Malinas
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Publié dans : Paroles sans-abri
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