Le manifeste du Parti Démocrate Japonais : les mesures pour l'emploi

Publié le par David-Antoine Malinas

Après l'élection, la lecture. Que dit le manifeste du PD japonais en ce qui concerne l'emploi et la lutte contre la précarité, et quelques remarques rapides.


"We will expand regular employment and ban, in principle, the dispatch of temporary workers to manufacturing jobs". (P.D., Manifest, 2009, p.17)

En ce qui concerne l'interdiction du travail intérimaire dans l'industrie manufacturière, ils arrivent en quelque sorte, après la bataille. Des bataillons entiers de travailleurs intérimaires ont été licenciés ou non renouvelés et, en cette période de crise. L'industrie manufacturière s'est en quelque sorte auto-régulée et a déjà exhaussé les voeux du PD. De plus, il y avait le problème complexe des travailleurs intérimaires qui travaillaient pour leur troisième année et qui n'auraient de toute manière pas pu renouveler leur contrat

L'idée d'étendre l'emploi régulier est bien entendu une bonne idée mais qui va à l'encontre de la tendance à long terme de la précarisation de l'emploi au Japon - maintenant près de 35 pour cent des emplois salariés. L'objectif plus réaliste serait travailler à des moyens d'assurer une plus grande sécurité des emplois atypique. 


"We will aim to achieve a national average minimum wage level of 1000 yen per hour, while assisting SMEs" (P.D., Manifest, 2009, p.17)

Tout de suite l'attention se porte sur le chiffre magique des 1000 yens qui représentent une augmentation du salaire horaire de 30 pour cent, si on prend pour référence la moyenne nationale. C'est une augmentation très forte, elle ne sera peut-être pas possible, mais la première idée, c'est clairement une revalorisation des bas salaires.

L'autre idée, il me semble, mais je lis sûrement trop entre les lignes, c'est une revalorisation de la moyenne nationale. Il n'y a pas de SMIC au Japon, et le salaire minimum dépend en fonction des régions. Par exemple à Tokyo, le salaire minimum est de 766 yens, à Hokkaido, il est de 667 yens - soit une différence de plus de 20 pour cent. C'est une différence qui est censée être adaptée à la variation du coût de la vie. La revalorisation pourrait prendre trois directions : la création d'un revenu national minimum quelque soit la région, la revalorisation plus forte des régions périphériques, une revalorisation proportionnelle pour toutes les régions. (Une revalorisation plus forte des régions industrielles centrales, Type Osaka, est hors de question).
Quelque soit la solution retenue (sauf celle entre parenthèse), elles sont intéressantes car elles pourraient permettre de lutter contre la désertification en rendant attractive des régions aujourd'hui sur le déclin démographique. Il me semble que même dans le cas d'une revalorisation égale de trente pour cent de tous les plus bas salaire, le gain en pouvoir d'achat est beaucoup plus fort dans les régions dont le coût de la vie est faible, comme Hokkaido.

Il me semble néanmoins que cette mesure n'est pas chiffrée dans le programme (p7). Dans les "mesures pour l'emploi", sont chiffrées deux mesures :  "étendre la sécurité de l'emploi vers les travailleurs non-réguliers" et "aide à la recherche d'emploi et d'autres mesures similaires" pour un coût total de 1.1 trillion de yens pendant quatre ans. La mesure "élever le salaire minimum" tout comme "le soutien aux SMEs" apparaît dans le paquet des mesures dont le financement n'est pour l'instant pas assuré et qui seront "mises en oeuvre progressivement, au fur et à mesure de la sécurisation des ressources financières".

"We will realise equal treatment such that people doing the same work at the same workplace can receive the same wage, and we will promote work-life balance".

Le même salaire pour le même travail, c'est une très forte demande de la part des associations de soutiens des plus précaires. Hum... il va falloir travailler ce point, c'est intéressant.











 

Publié dans La crise au Japon

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