Coefficient de Gini au Japon 4

Publié le par David Malinas

Causes et Perspectives (3)

La dernière cause de l'augmentation du coefficient de Gini, est lié à la modification du marché du travail. Au sein de la population active, le coefficient de Gini est passé de 0.338 à 0.362.

Une première raison peut être trouvée dans la  tendance à l'augmentation des différences de rémunération au sein des emplois "réguliers" (CDI). Plusieurs auteurs ont ainsi insisté sur la fin du modèle japonais "de l'intérieur" comme Kumazawa Makoto dans Nôryokusyugi to kigyôshakai  (monde des entreprises et méritocratie), Iwanamishoten, Tokyo,  2000 (première édition en 1997). Néanmoins, il demeure difficile d'estimer l'impact de ces modifications de grilles salariales sur le coefficient de Gini.

La raison qui doit être considérée comme principale est une progression rapide du dualisme du marché du travail et en particulier une augmentation constante du nombre de contrats atypiques. Leur pourcentage est ainsi passé de moins de 20 pourcent de la population au début des années 90 à plus de 30 pourcent en 2004. L'effet est double sur le coefficient. Premièrement, les emplois atypiques sont, sur une moyenne horaire, rémunérés 40 pourcent moins cher que les emplois "normaux". Deuxièmement, le taux de Gini au sein de la population des employés atypiques est de 0.480 contre 0.250 pour les employés réguliers.

 De plus, il existe d'autres effets cachés sur le coefficient de Gini. En effet, moins de 50 pourcent des employés atypiques participent au plan retraite de leur entreprise, moins de 50 pourcent d'entre eux ont une assurance santé, et moins des deux tiers ont une assurance chômage (OECD economic surveys, Japan, 2006, p102). Les inégalités constatées sur le marché du travail ont donc tendance à  se répercuter sur des populations qui sont sans aucun doute plus confrontées au chômage, autant confrontées à la maladie, et inéluctablement  vieillissantes.

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