Chômage précaire au Japon

Publié le par David Malinas


Il peut apparaitre redondant au premier abord de parler de chômage précaire. Cette période de non-emploi correspond nécessairement à une période de fragilité sociale. Elle ne touche cependant pas tous les individus de la même manière.
Une étude réalisée en 2002 au Japon (Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, http://www.stat.go.jp/data/kibou/index.htm consulté le 23/10/2006)permet de rappeler la précarité qui s'attache au chômage et les facteurs qui peuvent aggraver cette situation.

Le chômage précaire

En Octobre 2002, le nombre de chômeurs au Japon était de 3.31 millions. Plus de la moitié de cette population était sans ressource, c'est à dire qu'elle ne recevait ni salaire, ni assurance chômage, ni aide familiale et ne possédait pas d'autres sources de revenus (utilisation de l'épargne).

chômeurs                    A        B        C        D        E            F
en centaine de mille     200    280    700    100    1720    310
en pourcentage            6%    8.5%    21%    3%    52%    9.5%

Soit, A- salaire, B- retraite, pension, C- assurance chômage, D- Aide de la famille, E- sans ressource, F- autre( entreprise,ressource du capital)
Source: Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, pourcentage de l'auteur

Les facteurs de précarité

Parmi les chômeurs, les jeunes (classe dâge des 15-24 ans) ont le risque le plus fort de précarité. Près des trois-quart de cette population sont sans ressource. La baisse du niveau de précarité pour les autres classes d'âge est la conséquence de l'accès à une assurance chômage lié à l'exercice d'un emploi lors de la période précédente. Le niveau de précarité demeure cependant fort jusqu'à 44 ans.

Classe                                 Pourcentage des personnes
d'âge                                    sans ressources
15-24                                   73%
25-34                                   57%
35-44                                   58%
45-54                                   36%
plus de 55                             24 %
Source: Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002, pourcentage de l'auteur.

La possibilité d'obtenir une assurance chômage apparait donc comme un facteur déterminant pour limiter la précarité de la période de chômage.

Le type de contrat de travail, suivant qu'il assure ou non l'accès à une assurance chômage, est également déterminant pour limiter la précarité de la période de chômage. Plus de 52 pour cent des personnes qui avaient un emploi stable reçoivent encore des ressources de leur assurance chômage après trois ans de chômage. En revanche, 90 pour cent des personnes qui avaient un emploi précaire ne reçoivent plus de ressources de leur assurance chômage (mais en avaient-ils une ?).


                          Assurance chômage
                         après trois ans de chômage
                          Oui               Non
Emploi             770 000      720 000
Stable              52%             48%

Emploi            60 000         560 000
Précaire          10%             90%

Source : Bureau des Statistiques, Shûgyô kibô jyôkyô chôsa (enquête sur les demandeurs d'emplois), 2002. Pourcentage de l'auteur.

Et aujourd'hui ?

L'année 2002 a correspondu a un pic d'augmentation du chômage qui s'est établi à 5.4 pour cent de la population active. Depuis, l'économie japonaise est repartie dans un cycle durable de croissance et en 2005, le taux de chômage était d'un point inférieur, à 4.4 pour cent.  Cette baisse vertueuse s'est confirmée jusqu'à aujourd'hui et le taux de chômage d'août 2007, dernier chiffre officiel accessible, s'établit à 4.1 pour cent. La baisse du taux de chômage est sans conteste la meilleur manière de lutter contre la précarité qu'il représente.
Il apparait néanmoins, que les formes d'emploi sur lesquels reposent cette nouvelle réussite n'est pas sans faire disparaitre le risque de chômage ou de chômage précaire. En effet, le recours désormais massif aux contrats de travail atypiques (temps partiels, durée déterminée) rend désormais plus présent le risque de se retrouver au chômage, pendant des périodes plus ou moins courtes. Enfin, le chômage précaire qui représentait déjà un pourcentage significatif de la population au chômage en 2002, risque également d'augmenter - sinon d'avoir augmenté - notamment du fait de l'absence - ou de la faiblesse de de la couverture - de l'assurance chômage pour les contrats atypiques.

Publié dans Recherche post-doc

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