Emploi Précaire au Japon - Enquête 2004 (Bureau de l'emploi de Tokyo)

Publié le par David Malinas

En Novembre 2004, le Bureau de l'Emploi de Tokyo (Tokyo Rôdô Kyoku) a rendu publique une enquête réalisée auprès de plus de 400 entreprises concernant le recours aux emplois atypiques (hi seikikei shain). Sous ce terme sont regroupés, en particulier, les emplois à durée déterminée (arubaito, kikankeiyakushain), les emplois à mi-temps (pâto)  et les employés intérimaires (hakenrôdôsha).

Près de 90 pourcent des entreprises interrogées ont recours, plus ou moins intensément, à des contrats de travail atypique. les emplois atyiques représentent ainsi un quart des effectifs pour 52 % des entreprises, la moitié pour 14%, et les trois quart pour 12% d'entres elles. Un tiers des entreprises ont donc plus de la moitié de leurs effectifs en contrat atypique.

Le recours à l'emploi atypique est avant tout lié à son moindre coût, tant à l'embauche, à l'emploi, qu'au licenciement. Ainsi, la réponse "baisser le coût de la main-d'oeuvre" qui recueille 48% des réponses se classe en première position. De même, les réponses " meilleure flexibilité" et "contrat d'embauche simplifié, coût à l'embauche faible" qui représentent 35% et 23%, se classent respectivement en troisième et quatrième position.


Raisons du recours à l'emploi atypique
(plusieurs réponses possibles)
Baisser le coût de la main-d'oeuvre
Travail administratif d'appoint  
Meilleure Flexibilité
Contrat d'embauche simplifié,
coût à l'embauche faible
Besoin de travailleurs spécialisés  
En remplacement d'une personne en congé
Autre
48 %
36 %
35 %

23%
21 %
5 %
9 %

Source : Tokyorôdôkyoku, hiseishain no koyô nikansuru ankêto chôsa kekka (résultat de l'enquête sur l'emploi des travailleurs atypiques),  Novembre 2004.

http://www.roudoukyoku.go.jp/news/2004/20041101-qa/20041101-qa.html (jeudi 26 Novembre 2006)


Dans cette logique de baisse des coûts, près de 90 pourcent des emplois atyiques sont renouvelés, depuis moins de trois ans et plus d'un an pour 55 % d'entre eux et depuis plus de trois ans pour plus d'un tiers d'entre eux. De plus, selon cette enquête, la plupart des entreprises, soit 58%, envisagent d'accroitre le nombre de personnes employées en contrat atypique. Il est à noter que seulement 2% des entreprises envisagent une baisse des effectifs en contrat atypique.

Enfin, 85% des employés "atypiques" travaillent pour leur entreprise en dehors des heures de travail, et pour 36 % d'entre eux à un niveau horaire identique à celui des employés en CDI. Ce constat, certes local, vient renforcé les conclusions d'un rapport de l'OCDE selon lequel les différences salariales entre employés atypiques et employés en CDI au Japon ne peuvent s'expliquer par la seule différence de productivité.


Il est toujours difficile de généraliser à partir d'une seule enquête locale et imparfaite. Soulignons néanmoins, qu'il n'y a pas si longtemps encore, le Japon avait pour modèle d'emploi, le shûshin koyô, l'emploi à vie.
tous ne pouvaient y avoir accès, mais il constituait le contrat "référence" vers lequel toute la machine industrielle japonaise tendait. Aujourd'hui, il est de constater non seulement la généralisation de l'emploi atypique mais également sa normalisation, au sens de norme, dans une société aux idéaux plus fragiles.

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David 29/10/2006 14:26

"Dans cette logique de baisse des coûts, près de 90 pourcent des emplois atyiques sont renouvelés, depuis moins de trois ans et plus d\\\'un an pour 55 % d\\\'entre eux et depuis plus de trois ans pour plus d\\\'un tiers d\\\'entre eux. "Les 10 pourcent restants sont des contrats qui, au moment de l\\\'enquête viennent d\\\'être signés. Le principal biais de cette enquête est qu\\\'il n\\\'est pas possible de connaitre le taux de progression de vers le haut, c\\\'est à dire combien de travailleurs atypiques voient leur contrats changés en CDI. Le taux de renouvellement "horizontal", c\\\'est à dire d\\\'un contrat atypique a un contrat atypique est nécessairement fort - 90 poucent - puisque la question ne concerne que les personnes qui sont actuellement employés en contrat atypique. D\\\'autres enquêtes - notamment celle de la keieisha dantai 2006-  signalent que le taux de progression ascendante est particulièrement faible, et demeure inférieur à 20 pourcent. Autrement dit, le renouvellement des taux de contrats atypiques obtenu par l\\\'enquête du bureau du travail permet de signaler deux types de précarité: celle lié à la forme de rémunération de l\\\'emploi - absence de carrière et d\\\'évolution de la rémunération- et celle liée à la flexibilité de l\\\'emploi - plus des deux tiers des employés atypiques risquent de ne pas voir leur contrat renouvelé après leur troisième année, le taux étant de 50 pourcent pour ceux  qui sont employés entre leur première et troisième année.