Proposition de revalorisation des salaires au Japon ?

Publié le par David Malinas

Un article très intéressant de Philippe Mesmer dans le Monde concernant les mouvements des salaires au Japon (le lien sera probablement invalidé d'ici peu).

Il me semble que la revalorisation des salaires des 25-45 ans qui voudrait être "imposée" par le gouvernement s'inscrit dans le récent courant actuel de revalorisation des salaires amorcé par les grandes entreprises japonaises (voir ce billet). En ce sens, c'est, à l'approche des sénatoriales, une promesse électorale parfaitement tenable et réaliste, même si le gouvernement central n'a que peu de moyens d'en être le garant, étant donné l'autonomie de la société civile et des autorités locales au Japon.

Ce mouvement à la hausse de certains salaires notamment dans les grandes entreprises me semble être un mouvement durable qui n'est pas seulement indexé sur la meilleure santé économique du Japon (bien que les syndicats vont ferrailler dure cette année aussi). Il me semble aussi qu'elle est la conséquence d'une anticipation de la pénurie qui commence à se faire sentir sur le marché du travail alors que les baby-boomer ont commencé à partir à la retraite et que les bras de la nouvelle génération ne sont pas suffisants. La conséquence, c'est que ce sont surtout les salaires des nouvelles recrues qui sont touchés par une hausse significative, avec toujours la possibilité de moduler au plus juste les hausses annuelles suivantes en fonction des résultats individuels.

Il faudrait donc des statistiques plus précises sur les catégories de salaire pour comprendre exactement ce qu'il se passe. Il ne s'agit d'ailleurs pas seulement de séries statistiques. Par exemple pour les employés précaires, il est exact que le salaire minimum est particulièrement bas. Il est aux environs de 700 yens par mois à Tokyo, ce qui fait un revenu mensuel inférieur au revenu minimum d'insertion japonais, le seikatsuhogo (comme le note
TACHIBANAKI Toshiaki
).  Mais, et c'est complêtement subjectif, il me semble que récemment, les demandes pour les emplois à temps partiels sont plus  nombreuses et semblent beaucoup mieux rémunérées. Il y a quelques années encore, on s'abaissait doucement vers la barre de 800 yens de l'heure, et aujourd'hui on se rapproche plutôt des 1 000 yens. Le fossé entre les salariés précaires de plus en plus nombreux et les salariés à durée indéterminée est toujours là, mais il y a des frémissements dans l'air... le printemps sans aucun doute.

Publié dans Recherche post-doc

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