Distribution de nourriture à Shinjuku

Publié le par David Malinas

Cette année, ça va être dur...
Dans le journal que distribue la SRK à tous les sans-abri, il y avait  l'indication du nombre de places qui vont être ouvertes pour les sans-abri dans les centres d'hébergement, pour la période hivernale pour l'arrondissement de Shinjuku.
    • Pour décembre...... 24 places
    • Pour janvier ........... 20 places
    • Pour février .............20 places
    • Pour mars ............ .10 places
Comme je retrouve un sans-abri que je revois régulièrement depuis mon retour en juillet, et que j'avais rencontré pour la première fois il y a trois ans, la conversation s'engage sur la politique hivernale pendant qu'il attend la distribution de repas.Il m'avait dit qu'il allait tenter sa chance à Shibuya le 5 décembre. Il doit y avoir quinze places et une trentaine de personnes qui se présentent. A partir des centres d'hébergement d'urgence, on peut demander à entrer dans les centres de réinsertion après un entretien avec un travailleur social. Le problème est qu'il ne peut pas en profiter parce qu'il a déjà utilisé le centre de réinsertion, et qu'il n'est pas possible d'utiliser cette structure deux fois. Je lui dis qu'il y a qu'à donner un autre nom et le tour est joué, mais il me dit que ce n'est pas possible, qu'en plus ils se souviennent des personnes. Et je me dis qu'en ce qui le concerne, c'est vrai, il a vraiment un profil de cinéma - un peu de Jean Marais dans la  taille d'un Louis de Funès -  et qu'il est de ces figures qui restent dans la mémoire. En tout cas, il était resté dans la mienne. Il me dit également que par rapport à l'année dernière, il y a beaucoup moins de places pour la politique d'hiver.

Je discute avec les volontaires pour confirmer ça et en effet, l'année dernière, il y avait 200 places. Deux cents places, et surtout dans le nombre de places accessibles, il y avait un chiffre ouvert qui était le nombre de places dans les structures d'accueil régulières. Cette année, le nombre de places est fixe et dans les structures d'accueil régulières et dans les structures de la période hivernale. Un volontaire me dit que maintenant, les sans-abri, "ce n'est plus à la mode, maintenant, la question se sont les réfugiés des cafés internet (ネットカフェ難民)", ces jeunes qui prennent le tarif de nuit dans les cafés internet car ils n'ont plus de logement et que l'hôtel est trop cher. Coïncidence, un encart du journal Asahi (15 novembre 2007) qu'un autre volontaire a apporté vient en apporter la preuve. La Mairie de Tokyo va mettre en place un plan pour l'année fiscale prochaine - qui commence en avril - pour venir en aide à cette catégorie. Chaque  "réfugié des cafés internet" pourra recevoir une formation comprise entre trois et six mois pendant laquelle une aide financière de 150 000 yens par mois lui sera attribuée. Il pourra également accéder à une aide au logement, un prêt sans intérêt de 600 000 yens, et une aide au premier mois d'emploi, un prêt de 500 000 yens également sans intérêt.
Je parle aussi avec un autre volontaire. La SRK semble avoir fait tout son possible pour obtenir la prolongation de la politique d'hiver. Le but était de fermer les centres d'accueil d'hiver cette année, comme c'est déjà le cas dans les autres arrondissements, à Shibuya et à Taito, les deux autres arrondissements qui avaient pris des mesures pour venir en aide aux sans-abri. C'est un résultat faible, moins de 80 places mais, l'année prochaine il risque d'y en avoir encore moins.

D'un côté, il est vrai que la Mairie de Tokyo à lancé, depuis 2000, deux programmes de réinsertion, dont le second en particulier, axé sur le relogement, a eu des effets particulièrement heureux sur la baisse du nombre de sans-abri dans la rue. Cependant, pour Shinjuku, lors de la distribution de nourriture, il y en moyenne 300 personnes qui viennent. Ensuite, lorsque nous faisons la patrouille, il y a encore plus de 200 personnes. En comptant les doublons, il peut être considéré qu'à Shinjuku, il reste en moyenne 400 personnes dans la rue. Le nombre de places, 80 personnes, réparties sur trois mois, apparaît alors particulièrement faible. On semble jouer en quelque sorte la politique de réinsertion contre la politique d'urgence.

Publié dans Paroles sans-abri

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