Evolution du premier salaire au Japon

Publié le par David-Antoine Malinas

L'information sur les premiers salaires se trouve dans l'enquête qui s'intitule : "chingin kôzô kihon tôkei chôsa" accessible sur le site du Japan institute for Labor Policy and training. Les informations trouvées sont plus à jour que sur le site du ministère du travail (en tout cas celles que j'ai trouvée qui s'arrête à 2005).

il s'agit donc de l'évolution du premier salaire pour les diplômés de l'université et du lycée pour les hommes et pour les femmes. Je reproduis ici les courbes pour diplômés hommes et femmes des universités, soit la majorité des entrants sur le marché de l'emploi mais la courbe d'évolution n'est pas spéciflique à cette catégorie :

 

Graphique 1 - Evolution du premier salaire pour les diplômés de l'université (en millier de yens).

JPpremSalaire.jpg

Rq : H-univ : diplômés de l'université F-univ : diplômées de l'université.

Source : http://db2.jil.go.jp/tokei/html/R1X301001.htm consulté le 17 nov. 2012

 

Que m'inspire ce graphique :

  • Très nettement on voit deux parties : une hausse jusqu'au début des années 90, puis un encéphalogramme quasiment plat à partir des années 90. 
  • D'une part, une baisse très nette de la progression des salaires à partir, plus ou moins, de l'ère Heisei (1989). Je dis plus ou moins parce qu'il y a quand même un décalage. en effet, les salaires continuent de progresser pendant les premières années de Heisei. Jusqu'en 1993, la progression est environ de + 5% par an, un taux beaucoup plus fort que celui constaté pendant les années de bulle dans la seconde moitié des années 80, et en fait, pendant toute la décennie 80. Je ratiocine mais c'est parce qu'ua début des années 90, donc alors que les salaires continuent d'augmenter, on a l'émergence du phénomène sans-abri. Je reviens toujours à cette idée que dans les premières années du phénomène sans-abri, il est très difficile de décoder cette question à partir des agrégats macro-économiques ou sociaux habituels (chômage, bénéficaires de l'assistance sociale, etc.). Il faut fouiller un peu plus dans le détail, aller un peu plus sur le terrain pour comprendre.
  • D'autre part, un maintien de l'absence de progression des salaires malgré la longue embellie économique à partir des années 2003. Il est étonnant de voir que cette amélioration ne profite pas aux salaires des entrants sur le marché du travail. Les hausses sont contenues autour des 1%. Il me semble qu'on voit là la faiblesse des syndicats qui, à l'époque ne s'étaient pas encore emparés de la question de l'emploi précaire et ne revendiquent pas non plus une hausse des salaires pour les employés.

Publié dans Précarité des jeunes

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