Les mots pour le dire : 孤独死(la mort solitaire)

Publié le par David-Antoine Malinas

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La mort solitaire est le mot utilisé par les média japonais à partir des années 80 pour définir les situations où le décès d’une personne est découvert après une période plus ou moins longue (dans certains cas après plusieurs mois). Le phénomène retient aujourd’hui d’autant plus l’attention qu’il met en évidence une contradiction entre d’une part l’augmentation rapide, liée au vieillissement accéléré de la population japonaise, de la population la plus à risque, les personnes âgées de plus de 65 ans, et d’autre part l’inadaptation de l’offre, formelle et informelle, de soin et d’aide (care).

 

Vieillissement de la population japonaise

 Lors du recensement de 2005, les plus de 65 ans étaient la seule catégorie, à côté des 15-64 ans et des 0-14 ans, dont le nombre s’est accru par rapport à l’année précédente. Ils étaient 25.6 millions et représentaient 20 pourcent de la population totale. En 2025 il est estimé qu’ils représenteraient près de 30 pourcent de la population.

 Selon les chiffres du recensement de 2005, Une personne sur 10 parmi les hommes de plus 65 ans, et une personne sur quatre pour les femmes de plus de 65 ans vivaient seules. Le total en 2005 était de 3.86 million, alors qu’il était de 2.2 million dix ans auparavant.

 Le nombre total d’hommes seuls âgés de plus de 65 passerait de 260 000 en 2005 à 1.68 millions en 2030. Pour les femmes, la hausse serait de 520 000 à 1.2 millions.


Inadaptation des soins formels

 Faiblesse de la couverture sociale. En valeur absolue, le gouvernement a alloué des fonds conséquents pour l’aide aux personnes âgées, soit 91.4 trillions de yens en 2009. Cependant, ce niveau de dépense ne représente que 22.1 pourcent du PNB. Un niveau comparativement faible par rapport à d’autres pays (voir tableau).

Un nouveau système d’accès aux soins infirmiers a été mis en place en 2000 avec une couverture à 90 pourcent. Cependant, la limite de dépense est trop basse (ne représente pas plus de 5 heures d’aide infirmière par mois).


Inadaptation des soins informels

 Faiblesse de l’aide informelle. Le care informelle est dispensé par des personnes qui n’ont pas de lien avec la famille. (il semble qu’il s’agisse du secteur associatif). Au Japon, cette forme de soutien de représente pas plus de 3 pourcent alors qu’elle représente 53 pourcent en Suède, 45 pourcent au Canada, et 35 pourcent aux US.

Le rôle de la famille. Important puisque dans les ménages qui ont au moins une personne âgées, c’est la famille qui dans 70 pourcent des cas assurent les soins (au lieu d’utiliser l’aide publique). Cependant, une tendance à l’atomisation de la cellule familiale.


Faire appel au secteur privé ? 

Alors que les revenus et le capital des célibataires est plus important que ceux des couples pour les populations en âge de travailler, la situation s’inverse pour les plus de 65 ans dont le revenu a plus de probabilité d’être en dessous de 1.5 million de yens. Autrement dit, ceux qui doivent le plus compenser l’insuffisance de capital social (aide sociale formelle et informelle) sont ceux qui le peuvent le moins, faute d’un capital économique adéquat. 


Sources

JapanTime, Growing old alone, Natsuko FUKUE, 21 juillet 2010

Situation concernant le vieillissement de la population et les politiques en faveur des personnes âgée au Japon (2005)

 http://www8.cao.go.jp/kourei/whitepaper/w-2006/gaiyou/18indexg.html

Publié dans Personnes âgées

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David-Antoine Malinas 28/07/2010 15:45



Merci ! J'espère que tout se passe bien pour toi.


Les tentes bleues... chose promise.


A bientôt, Dam


 



Estelle 27/07/2010 10:15



Contente de pouvoir te lire à nouveau ! Surtout sur un sujet aussi sensible...


J'attends avec impatience un futur article sur le mode de construction des tentes bleues !!!