Précarité au Japon

Mardi 24 octobre 2006

La grande classe moyenne japonaise dans le Japon de l'après-guerre
  
L'existence d'une grande classe moyenne (chû no chû) est devenue l'une des caractéristiques principales de la société japonaise après la seconde guerre mondiale.
Les statistiques mettent ainsi en évidence une augmentation régulière du sentiment d'appartenance à cette catégorie jusqu'aux années 70. Pendant cette décennie, près des deux tiers des japonais se considéraient comme membre de cette classe, et ce malgré deux chocs pétroliers. Un pic est ainsi atteint en 1973 ou plus de 60 pour cent des japonais s'y réfèrent pour définir leur position sociale. Au développement de cette grande classe moyenne, qui marque l'entrée du Japon dans l'ère de la production et consommation de masse, correspond une résorbtion rapide des classes "inférieures". Ainsi, le sentiment d'appartenance à une classe moyenne inférieure (chû no ge) ou à une classe inférieure (ge), qui représentait près de 50 pour cent de la population jusqu'en 1960, s'effrite rapidement et s'établie durablement au dessous de 30 pour cent jusqu'à la fin des années 70. Il est à noter en particuler la faiblesse du  sentiment d'appartenance à une underclass qui passe de 17 pour cent en 1958 à moins de 5 pour cent.
L'entrée dans la décennie des années 80 est marqué par une tendance à un moindre sentiment d'appartenance à cette grande classe moyenne - un peu plus de 50 pour cent - et une augmentation  du nombre de personne qui se considère comme membre de la classe moyenne inférieure - un tiers de la population japonaise interrogée. Néanmoins, le processus ne semble pas irréversible comme tend à le montrer l'évolution des statistiques pendant les années 90.

La bipolarisation des positions sociales à partir des années 90
 
En effet, au cours des années 90, une remontée du pourcentage d'appartenance à la classe moyenne ainsi qu'une baisse du taux d'appartenance à la classe moyenne inférieure ainsi qu'à la sous-classe est perceptible. Cette évolution n'est pas sans rappeler les années 70, avec ce qui pourrait être perçu comme une retour de la grande classe moyenne. Néanmoins, comme l'a noté Miura Atsushi, la particularité des années 90 est à rechercher ailleurs, dans l'augmentation, à un niveau jamais connu depuis la seconde guerre mondiale, du nombre de personnes qui s'apparentent à la classe moyenne haute (chû no jyô). Pour la première, cette catégorie dépasse 10 pour cent de la population.
Cette nouvelle tendance s'est confirmée pour les années 2000. Le taux de personnes qui s'apparentent à la classe moyenne supérieure ou la classe supérieure (jyô) s'est stabilisé au dessus des 10 pour cent. En revanche, il est de signaler une tendance à la baisse du nombre de personnes qui se considèrent comme membres de la classe moyenne - pourcentage qui se rapproche à nouveau de 50 pour cent - ainsi qu'une augmentation du nombre de persones qui se considèrent comme membres de la classe moyenne inférieure ou l'underclass. Ces deux catégories représentent désormais plus des deux tiers des réponses.

Un nouvel esprit du capitalisme (Boltanski/Chapello)

En prenant en compte les récentes tensions identitaires à la fois vers le bas et vers le haut de l'échelle social, il est de souligner, à rebours, que l'existence d'une grande classe moyenne n'était pas seulement le résultat d'un puissant progrès matériel qui a tiré vers le haut les classes inférieures. Elle servait également, et paradoxalement, de marqueur d'identité sociale pour les classes les plus aisées, en contradiction certaine avec leur aisance matérielle. En ce sens, la vertue homogénéisante de la grande classe moyenne doit être comprise tant d'un point de vue materialiste que symbolique.
Son lent effritement doit également être interprété dans cette double perspective. Il y a sans nulle doute la régression des conditions de vie au Japon rendue perceptible par la massification du nombre de personnes qui se situent désormais en bas de l'échelle sociale.  Mais le changement le plus important, et pourtant le moins visible, est celui des classe supérieurs, qui  "jouent" de moins en moins le jeu identitaire de la classe moyenne.
En ce sens, la bipolarisation des conditions sociales n'est pas seulement un problème économétrique, un coefficient de Gini devenu trop fort et sur lequel il serait possible d'intervenir. Il correspond plus certainement à la fin d'un paradigme et le début d'un nouvel esprit de la réussite.


Sources:
L. Boltanski, E. Chapello, le nouvel esprit du capitalisme, Gallimard, 1999
Gouvernement Japonais, kokumin seikatsu seron chôsa (Enquête d'opinion sur la vie des Japonais), 2004
Miura Atsushi, karyûshakai, aratana kaisô shûdan no shutsugen (la précarisation de la société, le phénomène de nouvelles classes  ), kobunsha shinsho : Tôkyô, 2005
Par David Malinas
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Mardi 2 décembre 2008
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le pourcentage d'emploi précaire au Japon est beaucoup plus fort que celui qui existe en France. Il est pour 2008, et en attendant les dernières statistiques de décembre, de 13 pour cent en France et de presque 35 pourcent au Japon.
Le graphique ci-dessous, qui m'a demandé un temps pas possible, permet de mettre en évidence l'évolution sur une période de près de 20 ans.

Graphique 1 - Evolution des pourcentages de la population précaires au sein de la population en âge de travailler en France et au Japon























Sources : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les pourcentages indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne trimestrielle. France : INSEE, présenté par l'observatoire des inégalités.

La lecture du graphique peut se faire ainsi :
Entre 1990 et 2000, il y a une poussé à peu près équivalente dans les deux pays de la population de précaires : un peu moins de 4 pourcent pour la France, et un peu plus de 5 pourcent pour le Japon. On passe ainsi en France de 8.7 pour cent à 12.6 pour cent. Du côté japonais, on passe de 20.2 pour cent à 26 pour cent.
Entre  2000 et 2008, les courbes suivent des tendances opposées. En France, le taux d'emploi précaires baisse légèrement dans la première moitié des années 2000 avant de remonter légèrement à partir de 2005. Conclusion,  le taux demeure quasiment identique et passe de 12.6 pour cent à 13 pour cent. En revanche, au Japon, le taux d'emploi précaire augmente rapidement et passe sur la même période de 26 à 34 pour cent, une croissance de plus de 8 pour cent en moins de 8 ans.
Le Japon de l'emploi à vie n'est plus, et lorsqu'on regarde les statistiques des années précédentes, on se demande s'il a bien existé un jour (il faudrait remonter dans les années 70 probablement).





Par David-Antoine Malinas
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Vendredi 5 décembre 2008
On a pu voir dans le billet précédent que le nombre de travailleurs précaire au Japon avait augmenté de 15 pour cent sur 10 ans, passant de 20 à 35 pour cent. Pourtant, s'intéresser uniquement au pourcentage, ne résume pas nécessairement bien l'évolution sévère de la situation en ce qui concerne cette catégorie d'employés. Le problème du pourcentage est qu'il s'agit d'un instantané. Il ne fait qu'établir un rapport entre employés précaires et non précaire pour une année donnée. Par exemple, si en 1990, il y avait 1 employé précaire et 1 employé non précaire, le rapport serait, exprimé en pourcentage, de 50/50. L'année suivant, s'il y avait 100 employés précaires et 100 employés non précaires, le rapport serait toujours de 50/50. Pourtant, il y a bien plus d'employés précaires que l'année précédente, mais le pourcentage ne prend pas en compte cette évolution d'une année sur l'autre, mais seulement le rapport, pour chaque année prise séparément entre employés précaires et non précaires.
Il est donc intéressant de jeter un oeil sur l'évolution en chiffres absolus de l'emploi précaire, et on s'aperçoit que la courbe est beaucoup plus agressive (tableau 2). En effet, la population de précaire au Japon a  presque parfaitement doublée en 18 ans, passant de 8 810 millions à 17 790 millions. Pour reprendre la distinction entre les deux périodes, on passe entre 1990 et 2000 de près de 9 millions à près de 13 millions de précaires. Ensuite, de 2000 à 2008, on passe de près de 13 millions à près de 18 millions. Pour comparaison, en France, pour la première période on passe de près de 2 millions à 3 millions puis dans la seconde période on reste à moins de 3 millions.


Graphique 2 - évolution du nombre de travailleurs précaires au Japon






















Sources : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La distinction par sexe (graphique 2) permet de signaler la sur-représentation des femmes dans les emplois précaires. En 1990, 2000 puis 2008, elles sont passées respectivement de 6,5 à près de 10 puis plus de 12 millions. Du côté des hommes, on est passé de 2,3 millions à 3,3  et désormais près de 6 millions. La hausse est quasi constante d'année en année pour les deux sexes.
Néanmoins,un retour sur les pourcentage permet de signaler une hausse plus rapide du pourcentage d'hommes qui sont employés dans les emplois à temps précaires (graphique 3). On remarque en effet qu'au début des années 2000, ce pourcentage  est passé durablement en dessus de la barre des trente pour cent pour s'établir à 32 pour cent au troisième trimestre 2008. Cette tendance ne peut être interpétée comme une baisse du nombre de femmes qui travaillent sur des emplois précaires, puisqu'au contraire, l'augmentation de leur nombre est constant depuis le début des années 90. On peut donc en conclure que le nombre de travailleurs précaires hommes augmente plus rapidement que celui du nombre de travailleurs précaires femmes.

Graphique 3 - évolution du rapport homme femme dans les emplois précaires 1990 - 2008

Sources : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les pourcentages indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les pourcentages de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

--- mise à jour 15 décembre

le graphique 3 n'est pas très parlant donc j'en ai fait un autre qui montre de manière plus évidente l'évolution du rapport homme femme dans l'emploi précaire :

graphique 4































On voit de manière plus claire le passage du pourcentage du nombre de femme précaire en dessous de la barre des 70 et le passage du nombre d'homme précaire au dessus de la barre de 30 pourcent.

Par David-Antoine Malinas
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Mercredi 17 décembre 2008
---- retravaillé le 24 décembre -------

Au Japon, les catégories d'emploi précaire se sont complexifiées au tournant des années 2000.
Jusqu'alors, il y avait seulement deux catégories (officielles) d'emploi précaire :la première correspond aux emplois à mi-temps en France. Il s'agit des pâtotaimu, de l'anglais part-time, caractérisés donc par un temps de travail  inférieur à un emploi "normal". la seconde correpond aux Contrat à Durée Déterminée (CDD) en France. Il s'agit des aurbaito, ou baito, de l'allemand, arbeit, caractériés par une période travaillée déterminée.
Au début des années 2000, deux réformes sont introduites dans le droit du travail. La première légalise le recours à l'emploi intérimaire - hakenrôdô - (1999) et les entreprises d'intérim, la seconde légalise les emplois contractualisés - keiyaku shain - (2001), c'est-à-dire des emplois nécessitant souvent un fort savoir technique ou spécialisé mais sur la base d'un contrat à durée déterminée.
Le graphique 1 permet de mettre en évidence l'évolution de l'emploi précaires par catégorie et de souligner l'impact de cette nouvelle législation.

Graphique 1

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La hausse régulière des temps partiels et des CDD - les deux catégories "traditionnelles" de l'emploi précaire - connaît un pic en 2001, puis stagne ou s'inverse après cette date. Ainsi, en ce qui concerne les CDD (en rouge), le pic de 2001, soit près de 4 millions de travailleurs CDD, n'a toujours pas été dépassé. On est à la fin de 2008 à "seulement" 3,21 millions. Pour les temps partiels, le pic de 2001 - 7,7 millions - est dépassé en 2005 et stagne depuis 2007 légèrement au dessus des 8 millions. Ainsi, en nombre absolu, les emplois précaires "traditionnels" évoluent ainsi peu depuis les réformes du début des années 2000.
En revanche, les "nouveaux" emplois précaires - intérims et contractuels - connaissent une croissance rapide. Le travail intérimaire est introduit à partir de 1999. Ce n'est qu'à partir de 2003 que le nombre de travailleurs intérimaires augmente de manière brusque. En 2005, le chiffre d'un million d'imtérimaires est dépassé. Aujourd'hui, leur nombre est de près de 1,5 million. L'actualité récente révèle qu'il s'agit d'emplois particulièrement précaires, notamment lorsque les contrats ne sont pas renouvelés et que les personnes qui avaient un logement d'entreprise (dortoirs) se retrouvent directement à la rue.
La catégorie des contractuels est un plus difficile à analyser parce qu'il s'agit d'une catégorie un peu fourre-tout qui ne représente pas les mêmes personnes en fonction de la période considérée. On constate néanmoins, après la création de la catégorie des employés contractuels en 2001, le doublement du nombre de personnes qui sont recencés dans cette catégorie d'emploi l'année suivante, soit 3,5 millions de personnes. Fin 2008, le nombre de contractuels est de près de 4,5 millions.

Au Japon, en 2008, plus de 17 millions de personnes travaillent sous une forme de travail "atypique". Les emplois précaires "traditionnels" - mi-temps et CDD -, s'ils sont toujours majoritaires et concernent 11 millions de personnes, tendent cependant à stagner depuis le début des années 2000.  La hausse du nombre d'emploi précaire apparaît surtout le fait de l'introduction de nouvelles catégories qui représentent désormais près de  6 millions d'individus (les intérims 1,5 million, les contractuels 4,5 millions)
.




Par David-Antoine Malinas
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Vendredi 26 décembre 2008
En prenant en compte la distinction homme-femme dans les emplois précaires, on peut noter à partir des années 2000, une évolution du rapport homme-femme, avec une augmentation du pourcentage d'hommes précaires par rapport aux femmes précaires (graphique1) - j'ai déjà présenté un graphique similiaire il y a quelques semaines dans un billet précédent.

Graphique 1



La tendance générale est toujours une sur-représentation des femmes et une sous-représentation des hommes (par rapport au rapport homme-femme dans la société générale). Au cours des années 90, ce rapport connaît peu d'évolution. En 1990, le rapport homme-femme est de 27-73. En 2000, il est de... 27-73. Cependant, à partir des années 2000, et alors que le nombre de précaires augmente de manière constante dans les deux catégories, il est à noter une croissance plus rapide du nombre d'hommes précaires. consécutivement le rapport homme-femme évolue et s'établie en 2008 à 32-67. La modification du rapport est donc de plus de 5 pour cent sur huit ans.
Comme cette évolution correspond à la mise en place des deux "nouvelles" catégories de contrats précaires au début des années 2000 (voir billet ici), il est intéresssant d'aller voir dans le détail pour établir une corrélation (ou non).
Et on  s'aperçoit effectivement que dans les catégories d'emploi précaire "traditionnelles", c'est-à-dire les CDD et les mi-temps, il n'y a pas une évolution significative du rapport homme femme sur la période 2000-2008 (graphique 2 et 3).

Graphique 2

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

Graphique 3

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La modification du rapport entre 2000 et 2008 est insignificative pour les CDD - 0,5 pour cent - et de 2 pour cent pour les emplois à mi-temps. En revanche, en ce qui concerne les "nouveaux" emplois précaires, l'évolution est bien plus significative (graphique 4 et 5).

Graphique 4

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1999 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

La catégorie des intérimaires n'existe qu'à partir de 1999, mais on constate entre 2000 et 2008 un effondrement du rapport homme-femme qui passe de 20-80 à 40-60 soit une modification de 20 pour cent du rapport sur huit années.

Graphique 5

Source : Japon : Ministère du travail et de la santé, Statistiques sur la force de travail, longue période. De 1990 à 2001 les chiffress indiqués sont ceux du mois de février, puis à partir de 2002, il s'agit de la moyenne annuelle, sauf pour les chiffres de 2008 basés sur ceux du troisième trimestre (dernier accessible à l'heure actuelle).

En ce qui concerne le rapport homme femme des employés contractuels, la réforme de 2001 fait rapidement sentir ses effets : on passe d'un rapport homme-femme de 40-60 à  un rapport qui se rapproche des 50-50. Sur hui  années, l'évolution du rapport est de sept pour cent.

C'est assez peu digeste cette analyse de l'évolution du rapport homme-femme, et il faut encore raffiner par une analyse des classes d'âges, mais ce que l'on peut plus ou moins présentir, c'est qu'il n'y a pas seulement une augmentation du nombre de travailleurs précaires, il y a une diffusion de la précarité dans différentes strates de la société.
Avec les CDD et les mi-temps on était surtout sur les femmes et les jeunes (plutôt étudiants), donc. des personnes qui étaient considérées comme travailleur(e)s temporaires ou marginaux. Les femmes parce qu'elles devront de toute manière quitter leur travail une fois qu'elles ont un enfant ou assumer leur rôle de mère en même temps qu'un travail, les étudiants parce qu'ils financent leurs études ou une partie de leur dépense avec un petit "job" temporaire. Avec l'intérim et les emplois contractuels ce sont jusqu'alors les populations plutôt épargnées par la précarité, les hommes en âge d'être sur le marché du travail comme professionels (et non plus comme étudiants)  qui sont désormais touchées par la précarisation du travail. 







Par David-Antoine Malinas
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