Mardi 7 novembre 2006
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Un livre passionant, écrit avec un grand sens pédagogique par TACHIBANAKI Toshiaki , sur un sujet d'actualité, la société d'inégalité (kakusashakai), aux éditions Iwanamishinsho (2006).
Un mot sur l'auteur d'abord. Né en 1943, diplômé de l'université de Osaka et de l'université Johns Hopkins en 1973 , il a ensuite étudié comme chercheurs dans différents pays : France, Angleterre, Allemagne et Etats-Unis. Il enseigne actuellement à l'université de Kyoto comme professeur et appartient au centre de recherche de la banque du Japon. En 2005, il était le président de l'association japonaise d'économie.
Le livre publié dans un format "que sais-je" a cependant un contenu plus polémique. L'auteur insiste notamment sur l'impact de la politique néo-libérale sur les inégalités du désormais ancien premier ministre Koizumi. Loin du pamphlet cependant, les arguments sont présentés avec une définition préalable de chaque terme technique dans un language clair, et suivent un résonnement scientifique, comparaison longitudinale (par exemple l'évolution du coef. de Gini au Japon depuis l'après-guerre) mais aussi internationale (ex: comparaison du coef. avec d'autres pays).
Cinq chapitres forment la structure du livre. Le premier concerne la réalité du phénomène d'inégalité au Japon, le second concerne les causes du phénomène, le troisième concerne les caractéristiques du phénomène (avec notamment une prise en cause des inégalités spatiales entre le centre et la périphérie), le quatrième chapitre, assez court, présente l'opinion de l'auteur sur le débat concernant ces inégalités, et le cinquième chapitre concerne les solutions qui pourraient être apportées.
Il reste à finir de lire le quatrième et cinquième chapitre mais de la masse de livre pour le grand publique sur cette question, c'est le livre le plus complet qui s'élève beaucoup plus haut que la moyenne (très basse). On apprend notamment que le salaire minimum au Japon est inférieur au "minimum vital", le RMI du Japon, ce qui en dit moins sur le problème de trappe de pauvreté dans un pays particulièrement strict vis-à-vis de la distribution de l'aide sociale que sur les conditions de travail des travailleurs pauvres. On retrouve le grand débat sur la libéralisation du marché des taxis (ce serait pour la France l'équivalent du débat sur la libéralisation du 12, des services internet ou de la téléphonie fixe et mobile), qui a entrainé une chute du salaire moyen consécutivement à la hausse du nombre de chauffeurs. Enfin, les chiffres sur les sans-abris ne sont pas seulement présentés comme une preuve supplémentaire des inégalités et de l'inefficacité de l'Etat, démarche habituelle des critiques du gouvernement, mais il prend en compte également la mise en oeuvre pour cette population de solutions, fruit d'un travail négocié entre société civile et gouvernement. La gouvernance serait-elle une clé pour trouver des solutions pour les plus défavorisés ? Il me reste à lire le dernier chapitre !
Par David Malinas
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Samedi 2 décembre 2006
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16:25

La France Invisible : de Marx à Kamini
Stéphane Beaud était passé à France Culture pour présenter le livre. Il s'agit de l'émission, les matins de France Culture. Interrogé sur la crise des banlieues, il notait que le que la morphologie sociale particulière des banlieues, le fait d'être concentré dans un même espace social, donnait plus de chance à l'action collective. Il comparait notamment avec la pauvreté des campagnes qui reste silencieuse, la morphologie sociale de cet espace, peu d'habitant au mêtre carré, rendant difficile l'utilisation d'un mode de protestation souvent reservé aux faibles, le mouvement social.
Cette analyse n'est pas sans parallèle avec ce que soulignait Marx au XIXème siècle en ce qui concerne le silence des paysans pauvres. Dans le XVIII brumaire de Louis Bonaparte, l'auteur rappelle que "leur mode de production les isole les uns des autres au lieu de les amener à des relations réciproques". Bien qu'ils puissent être considérés comme une classe, par leur genre de vie qui les différencie d'autres classes (par exemple les marchands), ils ne sont pas capable de mettre en place "aucune communauté, aucune liaison nationale, ni organisation politique".
Depuis le XIXème siècle le monde n'a-t-il pas évolué dans les campagnes ? Pour pouvoir suivre la révolution mécanique, les coopératives ont été une solution économique mais pas nécessairement politique.
Par David Malinas
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Lundi 4 décembre 2006
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16:25
Stéphane Beaud était
passé à France Culture pour présenter le livre. Il s'agit de l'émission, les matins de France Culture. Interrogé sur la crise des banlieues, il notait que la morphologie sociale particulière des
banlieues, le fait d'être concentré dans un même espace social, donnait plus de chance à l'action collective. Il comparait notamment avec la pauvreté des campagnes qui reste silencieuse, la
morphologie sociale de cet espace, peu d'habitant au mètre carré, rendant difficile l'utilisation d'un mode de protestation souvent réservé aux faibles, le mouvement social.
Cette analyse n'est pas sans parallèle avec ce que soulignait Marx au XIXème siècle en ce qui concerne le silence des paysans pauvres. Dans le XVIII brumaire de Louis Bonaparte, l'auteur rappelle
que "leur mode de production les isole les uns des autres au lieu de les amener à des relations réciproques". Bien qu'ils puissent être considérés comme une classe, par leur genre de vie qui les
différencie d'autres classes (par exemple les marchands), ils ne sont pas capable de mettre en place "aucune communauté, aucune liaison nationale, ni organisation politique".
Depuis le XIXème siècle le monde n'a-t-il pas évolué dans les campagnes ? En ce début de XXIème siècle, il est intéressant de voir comment l'internet peut donner de nouvelles possibilités
d'expression, accroitre le répertoire d'action. Ainsi du rap de Kamini, infirmier habitant le petit village invisible de Marly Gomont en Picardie. Il fait une
chronique rythmée et pleine d'humour de la vie de son village, entre désertification rurale et racisme.
"Mais moi je voulais me révolter mais il n'y avait rien à cramer,
le bus pour le lycée, c'est le même pour le centre aéré,
et la voiture du voisin, on peut pas la brûler,
ils ont tous des mobylettes."
Il a mis sa vidéo, dans laquelle tout le village participe, sur Youtube et a fait un carton, d'abord sur la toile avant d'être récupéré par les médias officiels. Le village à fait l'objet d'un
reportage du 13h (bien sûr par JP pernaud) et le site internet de Kamini à comptabilisé près de 300 000 entrés. Une façon originale de donner de la voix aux sans-voix.
Par David Malinas
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Mardi 5 décembre 2006
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04:46
Il est intéressant de voir comment les mêmes problématiques se développent dans des champs scientifiques séparés de plusieurs milliers de kilomètres, par des auteurs qui ne se connaissent pas, et deviennent des questions centrales du débat politique de leurs sociétés respectives.
Sur ce point, le livre de Louis Chauvet intitulé, les classes moyennes à la dérive (Paris, le Seuil, 2006), n'est pas sans faire écho au livre du sociologue japonais Yamada Masahiro, kibô kakusa shakai (la société des inégalités d'espoir) (chikumasyobô, 2004). Tout deux se concentrent sur l'effritement de la grande classe moyenne, et les inégalités inter-générationnelles. En comparant la génération précédente, celle qui arrive aujourd'hui à la retraite, et la nouvelle génération, celle qui entre aujourd'hui sur le marché du travail, ces auteurs soulignent en particulier les différences de perspectives d'avenir. La génération de l'après-guerre était confiante dans l'avenir, bénéficiant d'une longue période de forte activité économique couplé avec un système de l'emploi stable. La nouvelle génération, celle qui depuis une dizaine d'années rentre sur le marché du travail, est confronté à une activité économique en panne ou restreinte et à un nouveau mode de gestion et de rémunération du capital humain plus flexible.
Cette perspective de recherche permet de concentrer son attention moins sur la question des inégalités entre centre et périphérie - emploi stable contre emploi instable, chômeurs, sans-abri etc... - que sur les différence qui existent entre la signification d'un emploi stable aujourd'hui et celle d'un emploi stable hier. C'est la raison pour laquelle, Louis Chauvet parle en particulier d'inégalité "symbolique", car au delà de la dimension materielle, il y a des constructions de sens, de valeurs, d'espoir et de résignation ( et même d'"aliénation", mais le concept me semble être utilisé, non à tord, mais à l'envers, la question peut-être plus large étant celle de l'intériorisation, l'incorporation de sa position sociale, ce qui nécessite une analyse non du système de production mais du système de consommation).
Par David Malinas
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Vendredi 2 mai 2008
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17:32
門倉 貴史, ワーキングプアは自己責任か, 大和書房, 2008, p. 238
KADOKURA, TAKASHI, Les travailleurs pauvres : responsabilité personnelle ?, Daiwashobô, 2008, p.238
(2 mai - en cours de lecture)
Parmi la masse de livres qui présentent de manière globale le problème de la nouvelle précarité au Japon, ce livre m'a attiré l'oeil dans la librairie où j'ai commencé à
faire du "tachiyomi" (lecture debout).
Il est composé de nombreux petits paragraphes avec des graphiques sérieux (c'est-à-dire que les sources sont indiquées). Travail bien fait, présentation aérée.
Par David-Antoine Malinas
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