Depuis le début des années 90, le Japon a dû faire face à trois crises, nationale au début des années 90, régionale dans la seconde moitié des années 90 et aujourd’hui, mondiale. Ces chocs successifs ont profondément affecté son modèle social et non seulement les inégalités sont devenues de plus en plus fortes mais les situations de pauvreté se sont multipliées. En prenant en compte ce contexte, le but de notre recherche postdoctorale est de mettre à jour et analyser de nouvelles formes d’actions collectives des plus pauvres dans le Japon d’aujourd’hui.
L’analyse se développe donc dans deux directions. Nous nous intéressons, d’une part, aux populations qui vivent dans la précarité et la grande précarité en soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’un phénomène massif — 35 pourcent de travailleurs précaires, 13 pourcent de la population sous le seuil de pauvreté — mais également pluriel dans ses formes : les sans-abri, les « café nan-min », et récemment les « nabakaritencho », qui interrogent la définition même de la précarité. D’autre part, nous étudions les nombreux groupes de soutiens en faveur des plus défavorisés, qui négocient avec les pouvoirs publics pour obtenir des aménagements de la loi ou de nouvelles politiques publiques, et qui se sont pour la plupart regroupés dans un réseau national, le « réseau anti-pauvreté », établi en 2007.
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