Pour les SDF : Volontaires ou professionnels ?

Publié le par David-Antoine Malinas

Suite aux propositions de mesures du secrétaire d'Etat au logement (voir ici les principaux points), toutes semblent aller dans la bonne direction selon les associations (Fnars, Fondation abbé pierre etc.). UNE néanmoins, fait "bondir les associations" :
Enfin, Benoist Apparu a également présenté une mesure qui a fait bondir le monde associatif : l'affectation de 2.000 jeunes en service civique à des missions de «premier accueil et d'urgence». «Confier cette tâche à des jeunes qui ne sont pas formés pour n'est pas une bonne idée», estime le directeur général de la FNARS. «Le premier accueil est primordial : c'est véritablement à ce moment-là que quelque chose d'important peut se passer avec la personne, c'est un moment décisif». En revanche, les associations se disent toutes à fait disposées à accompagner ces jeunes dans d'autres tâches, telles que celles relevant de la réinsertion, jugées moins délicates.
Flore Galaud (lefigaro.fr) 10/11/2009 | Mise à jour : 19:01 

C'est très intéressant parce que le caractère professionnel de l'aide apportée au sans-abri en France, c'est-à-dire avec un personnel qui reçoit une formation et qui a une délégation du pouvoir de décision (mise à l'abri, hospitalisation), tranche avec le côté amateur qui caractérise l'aide au Japon. En effet, ce sont essentiellement des bénévoles qui s'occupent ici des premiers soins aux sans-abri. Il n'y a donc aucune formation (ou pouvoir de décision), et il faut apprendre, sur le terrain, auprès des personnes qui ont déjà de l'expérience (sempai).
Il peut être estimé que ce caractère professionnel de l'aide, notamment une formation - même rapide -, permet de s'adapter plus rapidement au public sans-abri en évitant les mauvaises questions ou bien en comprenant le système de référence sur certains points différent de la "norme". Il me semble aussi que le caractère professionnel permet également de protéger l'intervenant d'une action dictée par la seule empathie (ou le coeur), car le refus de l'aide ou bien une mauvaise expérience (par exemple une personne qui vous affirme qu'il va se suicider), peut-être pris comme un échec personnel, une rude mise à l'épreuve.
 

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tokaido 11/11/2009 16:20


Tout à fait d'accord avec cette analyse.
On ne s'improvise pas " maraudeur" et les dégats qui peuvent être occasionnés sont quelquefois irréparables.
Comme quoi une bonne idée n'est pas toujours suivie d'une action efficace.
Dossier à suivre.