Jeune sans-abri temporaire

Publié le par David-Antoine Malinas

(distribution de nourriture du 3 mars 2008)

Lors de la patrouille, un ancien sans-abri s'est joint à nous. Il est resté à la rue pendant plus d'une année, il y a trois ans (2005). Et puis il a pu profiter d'une fenête d'opportunité, la mise en place de la nouvelle politique de réinsertion par le logement initiée par la Mairie de Tokyo. Cependant, il se sent un peu coupable parce qu'à cette époque, il participait comme volontaire à la fois à Shinjuku et à Shibuya. Sur cette politique précise, ces deux groupes étaient en opposition. La Nojiren de Shibuya était opposée à la politique qui s'accompagnait d'une gestion plus stricte de l'espace public, et la Shinjuku Renraku Kai coopérait avec la Mairie de Tokyo pour présenter le programme auprès des sans-abri. Au début, il était particulièrement critique vis-à-vis de ce programme et était plutôt du côté de la Nojiren. Mais ensuite, convaincu du bien-fondé de cette politique et a pris un appartement. Sur le chemin de la patrouille, il voit un sans-abri qu'il a réussi à convaincre de ne pas profiter de la politique de logement, désormais terminée, et se sent coupable.

Lorsqu'il était à la rue, il a trouvé un sempai, une personne qui est depuis longtemps à la rue et qu'il lui a appris les rudiments de la survie, c'est-à-dire :

  • Où se situent les principales - et les meilleures - distributions de nourriture
  • Se protéger du froid lorsqu'on dort avec des cartons mais pas n'importe lesquels. Ne pas prendre des cartons qui ont contenu des fruits ou des légumes à cause des parasites ou autres insectes qui peuvent loger dans le carton
  • L'emplacement où il est possible de trouver régulièrement des cartons de "qualité"

Ce sans-abri était encore jeune. Il  est resté à la rue entre 33 et 35 ans, et il ne m'a pas dit pour quelles raisons. J'ai essayé d'obtenir une réponse, mais bon, je n'ai pas insisté.  Il est  assez rare de trouver des sans-abri jeunes qui restent longtemps à  la rue parce qu'ils peuvent trouver un emploi  précaire qui leur permet de sortir de manière plus ou moins définitive de la cloche.

Publié dans Paroles sans-abri

Commenter cet article