la Journée Mondiale de Refus de la Misère

Publié le par David Malinas

Le 17 Octobre était la Journée Mondiale de Refus de la Misère.

Au delà du Japon et pour une approche comparative, Martin Hirsch, président d'Emmaüs France et de l'agence nouvelle des solidarités actives, était invité le 16 Octobre sur France Culture, dans les matins. Beaucoup de question sur le terme "exclusion", le re-développement de la pauvreté chez les plus de 60 ans.

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david 30/10/2006 01:20

Alain Gérard Slama dans cette emission spéciale sur l'exclusion critiquait l'usage de ce terme sur plusieurs points. Tout d'abord, l'exclusion implique des personnes qui exclues, mais dans la situation de pauvreté actuelle il est bien difficile de définir une volonté excluante. Il émettait deux autres critiques, l'une concernant le flou d'un terme qui intègre des catégories éparses et sans relations (immigrés, chômeurs, travailleurs précaires, délinquants des banlieues...), l'autre concernant la victimisation des personnes qui se définissent comme exclus, qui se sentent investis plus de droits que de devoirs, et risque ainsi de perdre la volonté de s'en sortir.Martin Hirsch répond surtout à la première question concernant la "volonté excluante". Il souligne qu'elle existe bel et bien. Il met en évidence des processus excluants, sur l'emploi, sur le logement, sur la banque, et souligne que l'absence d\\\'intervention de l'Etat a pour conséquence le maintien de ces exclusions ou de ces spirales excluantes. Son point de comparaison avec l'Angleterre, qui n'est pas nécessairement un modèle d'interventionisme étatique mais qui a obtenu des résultats positifs dans le domaine social, permet de pointer a contrario les lacunes ou le trop-plein interventioniste de l'Etat français et par là même sa responsabilité.La victimisation induite par l'exclusion aurait par aillerus deux conséquences. D'une part, la préséance des droits sur les devoirs, et consécutivement, un risque de passivité des exclus et la faiblesse de leur volonté de s'en sortir individuellement. Concernant le premier point, il est vrai que parmi les différents modèles contemporains de pauvreté, l'exclusion est le seul, qui favorise le pauvre face à l'administration, et insiste sur les devoirs de la société - et doncde l'administration - envers les plus faibles. Ceci n'empêche d'ailleurs pas les "refus guichets", mais les rend plus rare que dans les autres modèles qui consistent à "condamner la victime" (modèle "underclass" aux Etats-Unis, ou responsabilité personnelle "jikosekinin" au Japon.) D'autre part, et Cécile Péchu le montre avec précision dans sa thèse, le terme flou d'exclusion permet de produire de l'action collective en favorisant les coalitions de différentes catégories d'exclus sur différents thèmes (chômage, emploi, logement). Elle favorise donc les sorties vers le haut mais de manière collective et non plus de manière individuelle.